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notes de travail, 132 – 05-18.IV.2026

« Si vous n’avez pas d’ami peintre, vous êtes dans le pétrin » (1).

Le complémentaire est vrai également : si vous n’avez pas d’ami compositeur imaginant et essayant des systèmes inédits de notation, spécifiant comment des notes doivent être jouées à un certain moment mais sans indiquer lesquelles, expérimentant des superpositions imperceptibles de sons, vous êtes drôlement dans le pétrin.

De l’un à l’autre, de l’ami peintre à l’ami compositeur, de l’ami compositeur à l’ami peintre, dessiner fait le lien, car dessiner nous met des oreilles partout : dans les mains, dans les yeux, dans les pieds, dans le ventre, dans les poumons…

Voir, toucher, sentir, penser à travers les oreilles, à partir de l’ouïe.

« Écouter par le souffle » (2) : la peau décirconscrite, le corps désintentionnalisé, accueillir, recueillir les vibrations.

 

Si tu ne dessines pas, tu es dans le pétrin.

(1) Morton Feldman, « Conférence donnée dans le cadre des Darmstädter Ferienkurse » (26 juillet 1984), transcription par Ken Muller et Hanfried Blume, trad. fr. Mireille Lourtis et Jean-Yves Bosseur, dans Morton Feldman, Écrits et paroles, Jean-Yves Bosseur et Danielle Cohen-Levinas (éd.), Dijon, Les Presses du Réel, 2008, p. 314.

(2) Zhuang zi, chap. 4 (« Le monde parmi les hommes »), dans Philosophes taoïstes, Rémi Mathieu (éd.), Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2022, t. 1, p. 221.

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