2020 - mauvaises herbes

Jean-Philippe Cazier, « Le désir de l’herbe », Chimères, vol. 82, n° 1, 2014, p. 7-10 (URL : https://www.cairn.info/revue-chimeres-2014-1-page-7.htm), en particulier p. 8 : « Par son mouvement d’expansion, l’herbe échappe à la terre, au sol, qui est pour elle une occasion mais pas son milieu : l’herbe nomade existe en repoussant sans cesse ce sol qui la retient pour, entre la terre et l’air, à travers cet entre-deux, persévérer dans le mouvement de son désir. Par ce mouvement, l’expansion de l’herbe nomadise tout autant ce sol qui, perdant ses délimitations et, par l’herbe, sautant hors de lui-même, devient quelque chose comme l’air, une extension hors de lui-même, toujours plus loin. L’herbe n’est-elle pas un des vecteurs par lesquels la Terre, trouée de vie, s’échappe d’elle-même et fuit dans tous les sens ? L’espace selon l’herbe ne correspond pas à l’espace humanisé, euclidien et aristotélicien, qui définit des limites, des oppositions. L’espace selon l’herbe possède ses propres coordonnées : espace mobile, ne cessant de dépasser ce qu’il est et qu’il tend à ne plus être, un espace acentré ou sans cesse décentré, sans hiérarchie a priori, sans quadrillage ni différences ».

 

Merci à Marie Pierre (@__maryi__) pour l’indication de ce texte.

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