2018 - racines

Des empreintes comme des emprunts : comme des reconnaissances de dette.

 

Par l’action des rayons lumineux du soleil : par l’action des sources et des forces de la vie.

 

Des racines végétales comme un essaim : comme une forme de vie sociale qui, du fait de sa voix et de sa pensée propres, donne à nos gestes et à nos paroles une densité matérielle de sens.

 

Restituer ainsi le visible et le lisible aux racines corporelles et tactiles de la vie.

 

Stefano Mancuso et Alessandra Viola, L’Intelligence des plantes (2013), trad. fr. Renaud Temperini, Paris, Albin Michel, 2018, p. 183, p. 191-192, p. 193 : « Chez les plantes, les fonctions cérébrales ne sont pas séparées des fonctions corporelles : elles coexistent dans chaque cellule. On a ici un parfait exemple de ce que les spécialistes de l’intelligence artificielle appellent un embodied agent, un agent intelligent qui interagit avec le monde par l’intermédiaire de son corps […]. Nous savons que, selon des études très récentes, toute racine émet en poussant des sortes de clics que pourraient entendre les apex racinaires des plantes environnantes. Si tel était le cas, il s’agirait d’un système de communication très avantageux : comme nous l’avons vu, ces sons ne semblent pas résulter d’une décision expresse de la plante, mais paraissent plutôt dus à la rupture des parois cellulaires au moment de leur poussée. Il s’agirait donc de ce que l’on appelle un ‘signal parcimonieux’, un signal qui atteint son destinataire tout en évitant à la plante la dépense énergétique nécessaire à son émission […]. En l’absence d’un organe spécifique supervisant les fonctions intellectives, les plantes ont développé une forme d’intelligence distribuée, caractéristique de plusieurs espèces vivantes et surtout des essaims : lorsque les individus qui en composent un se retrouvent ensemble, ils manifestent des comportements dits ‘émergents’, dont aucun d’eux pris à part n’est capable ».

 

David Abram, Comment la terre s’est tue. Pour une écologie des sens (1996), trad. fr. Didier Demorcy et Isabelle Stengers, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2013,  p. 348 : « Planter les mots, comme des graines, sous les rochers et les arbres tombés au sol – permettre au langage de prendre racine, à nouveau, dans le silence de la terre, de l’ombre, de l’os et de la feuille ».

© Dominique Weber. Tous droits réservés - 2017. Site conçu et réalisé par Jeanne Weber

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